Centre de rapatriement de Lille
À la Libération, des milliers de déportés français reviennent progressivement des camps nazis mais leur retour ne s’effectue pas directement dans leurs foyers. Il passe notamment par des centres de rapatriement organisés sur le territoire français.
Le centre de rapatriement de Lille s’inscrit ainsi dans ce dispositif mis en place dès 1945 après la libération des camps en Europe. Situé dans une grande ville du nord de la France, celle de Lille, il accueille de nombreux survivants à leur arrivée et constitue une étape essentielle entre la sortie des camps et le retour à la vie civile alors extrêmement difficile après l’horreur vécue dans ces camps.

Arrivée de déportés en France en 1945. Les centres de rapatriement assurent leur accueil et leur prise en charge.
1. Un lieu d’accueil à la Libération
C’est à partir de 1945 que les autorités françaises organisent le retour des déportés grâce à un réseau de centres répartis sur le territoire et dont Lille fait partie intégrante de cette stratégie de réparation des victimes après-guerre.
Le centre reçoit des hommes et des femmes revenant de différents camps nazis en particulier des camps de Bergen-Belsen, Buchenwald et Ravensbrück. Cependant leur état était souvent très fragile. Beaucoup souffraient de malnutrition, de maladies et d’un épuisement extrême dû aux conditions extrêmes vécues par les déportés dans les camps.
La première fonction du centre est donc d’assurer une prise en charge immédiate pour les survivants qui y reçoivent des soins médicaux, de la nourriture et des vêtements afin de palier à leurs nombreux manques lors de leur vie dans les camps de concentration. Ce moment est ainsi essentiel pour les dépotés car il permet de stabiliser leur état avant d’envisager la suite du retour. De plus, une aide financière est également accordée aux anciens prisonniers des camps ainsi que des papiers d’identité valables.
Cependant, le centre de Lille ne se limite pas qu’à un rôle d’accueil mais constitue également un lieu d’organisation.
Notamment car à leur arrivée, les déportés sont enregistrés, les autorités tentent avec ces données d’identifier chacun d’eux, de reconstituer leur parcours et de retrouver leurs proches ce qui constitue un premier devoir de mémoire direct envers les victimes et leur famille. Mais ce travail est souvent difficile, car les informations sont incomplètes et les familles parfois dispersées ou disparues après une déportation vers les camps de la mort.
3. Une étape dans un retour difficile
Mais passer par le centre de rapatriement ne signifie pas que le retour est achevé pour les arrivants dans ces camps de rapatriement. Car pour beaucoup de déportés, cette étape marque le début d’une nouvelle épreuve, celle de la réhabilitation des victimes.
Car revenir en France, c’est aussi affronter une réalité souvent douloureuse : familles détruites, logements absents, incompréhension de la société face à ce qui a été vécu ce qui fait du retour un processus long et complexe rajoutant également une difficulté morale pour les déportés.