Geneviève de Gaulle-Anthonioz

1. Courte biographie

Geneviève de Gaulle-Anthonioz naît le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle dans une famille engagée et patriote. Elle est notamment la nièce du général Charles de Gaulle, futur libérateur de la France en 1944. Alors étudiante en histoire à Rennes puis à Paris, elle voit sa vie bouleversée par l’invasion de la France par l’Allemagne nazie en 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale.

Très jeune, elle s’engage dans la Résistance contre l’occupation allemande. Mais en 1943, elle est arrêtée par la Gestapo et déportée au camp de concentration de Ravensbrück en Allemagne étant alors un camp principalement réservé aux femmes. Elle y reste prisonnière jusqu’à la fin de la guerre en 1945 avec la libération des camp par les alliés.

Après avoir côtoyé dans les camp des scènes de violences répétées, elle décide après la guerre de consacrer sa vie à défendre la dignité humaine et à lutter contre la pauvreté (l’ayant elle même vécue pendant sa déportation). Elle devient présidente de l’association ATD Quart Monde de sa création en 1964 jusqu’en 1998 , une organisation qui aide les personnes vivant dans une grande pauvreté.

Pour honorer son courage et son engagement, elle entre au Panthéon en 2015, aux côtés de Germaine Tillon notamment.

2. Son rôle pendant la Résistance

Pendant l’occupation allemande, Geneviève de Gaulle-Anthonioz rejoint un mouvement de Résistance lié au journal clandestin Défense de la France. Ce journal est notamment connu pour être l’un des plus importants journaux clandestins de l’époque notamment car les résistants l’impriment et le diffusent secrètement afin d’informer la population française et de lutter contre la propagande nazie et celle du régime de Philippe Pétain.

En tant que résistante, elle participe notamment à la diffusion du journal clandestin, ce qui consiste à transporter et distribuer des exemplaires dans différents lieux de manière secrète. Cette activité est très dangereuse car si les résistants sont arrêtés, ils risquent la prison, la torture ou la déportation.

Mais en juillet 1943, elle est arrêtée à Paris par la Gestapo. et est emmenée à Fresnes. Après plusieurs interrogatoires et une période d’emprisonnement, elle est finalement déportée en février 1944 au camp de Ravensbrücks un camp de concentration aux conditions d’emprisonnement très dures car les prisonnières vivent dans des conditions extrêmement difficiles : manque de nourriture, travail forcé, maladies et violences.

Malgré cela, Geneviève de Gaulle-Anthonioz montre une grande solidarité avec les autres détenue qu’elle soutient moralement tout en participant à une forme de résistance morale, qui consiste à garder l’espoir, à s’entraider et à préserver la dignité humaine face à la brutalité du système concentrationnaire.

3. Pourquoi ce personnage est pertinent pour le CNRD

Tout d’abord, Geneviève de Gaulle représente l’engagement des jeunes et des femmes dans la Résistance car à seulement une vingtaine d’années, elle décide de s’opposer à l’occupation allemande en participant à des activités clandestines très dangereuses (elle met sa vie en péril pour la libération de la France). Elle y est ainsi montrée comme un exemple de résistante à la fois sur le territoire français puis en tant que déportée puis après sa libération comme présidente d’une association qui lutte contre la pauvreté.

Ensuite, son histoire permet de comprendre le parcours typique de nombreux résistants pendant la guerre : l’engagement clandestin, l’arrestation par la police allemande, puis la déportation dans les camps de concentration. Son passage par le camp de Ravensbrück illustre notamment la réalité des camps nazis et la souffrance terrible notamment morale et physique à cause des violences perpétués par les nazis à l’encontre des déportés.

Enfin, son engagement ne s’arrête pas à la fin de la guerre. Après avoir survécu à la déportation, elle décide de continuer à défendre la dignité humaine en s’engageant contre la pauvreté au sein d’ATD Quart Monde où elle explique que l’exclusion et la misère peuvent aussi détruire la dignité des personnes, comme l’avaient fait les camps. Ainsi, elle prolonge les valeurs de la Résistance (solidarité, justice et respect de la dignité humaine) dans son combat social.

Pour toutes ces raisons, Geneviève de Gaulle-Anthonioz est une figure importante pour comprendre non seulement la Résistance et la déportation, mais aussi la manière dont les valeurs défendues pendant la guerre ont continué à inspirer certains résistants après 1945.

Plusieurs lieux en France sont nommées par ailleurs en son honneur, afin de célébrer l’héritage de cette résistante