Le Procès de Nuremberg

Le procès de Nuremberg s'est tenu il y a soixante ans

Présentation générale


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la découverte des camps de concentration et d’extermination, comme Auschwitz-Birkenau, révèle l’ampleur des crimes commis par le régime nazi. Face à cette situation sans précédent, les Alliés décident de mettre en place une justice internationale pour juger les principaux responsables.
Le Procès de Nuremberg s’ouvre le 20 novembre 1945 dans la ville allemande de Nuremberg. Il réunit des juges et procureurs issus des quatre grandes puissances alliées (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France). Pour la première fois, un tribunal international est chargé de juger des dirigeants d’un État pour les crimes commis au nom de celui-ci.

Juger les responsables du système nazi

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L’organisation exceptionnelle du procès mobilise plusieurs magistrats


Le procès vise vingt-quatre hauts dirigeants du régime nazi, parmi lesquels des responsables politiques, militaires et économiques. Ils sont accusés de crimes contre la paix, de crimes de guerre et, fait nouveau, de crimes contre l’humanité.
Cette dernière notion constitue une innovation majeure. Elle permet de qualifier juridiquement des crimes commis contre des populations civiles en raison de leur identité, notamment dans le cadre de la Shoah. Elle marque une étape essentielle dans la construction d’un droit international capable de juger des violences de masse.
Les audiences reposent sur de nombreux documents saisis par les Alliés, mais aussi sur des images tournées lors de la libération des camps et sur des témoignages. Ces éléments, largement diffusés par la suite, contribuent à faire connaître au monde la réalité du système concentrationnaire.

Le rôle des preuves et des témoignages

Nürnbergprosessen – Store norske leksikon
Le juge Robert H.Jackson fut l’un des instigateurs de cette documentation


Les procès de Nuremberg s’appuient sur une documentation exceptionnelle : archives administratives nazies, films, photographies et récits de survivants. Les images conservées aujourd’hui par l’INA montrent notamment la projection de films sur les camps, qui confrontent directement les accusés à la réalité des crimes.
Les témoignages jouent également un rôle important, même si la place des survivants reste encore limitée par rapport aux procès ultérieurs. Ils permettent néanmoins d’incarner les crimes et de compléter les preuves matérielles.
Comme le souligne la brochure du CNRD, ces éléments contribuent à établir une vérité judiciaire, indispensable pour comprendre et reconnaître l’ampleur des violences commises.

Une justice inédite mais discutée

This history mustn't be forgotten': The real story behind the Nuremberg  trials
Hermann Göring, numéro 2 du régime, au procès


Le procès de Nuremberg marque une rupture importante : il affirme que les dirigeants peuvent être tenus personnellement responsables de leurs actes, même lorsqu’ils agissent au nom d’un État. Il rejette également l’argument de l’obéissance aux ordres comme justification des crimes.
Cependant, cette justice reste partielle. Tous les responsables nazis ne sont pas jugés, et certains accusés échappent au procès. De plus, le tribunal est parfois critiqué comme une justice des vainqueurs, imposée par les Alliés.
Malgré ces limites, les verdicts rendus en octobre 1946, avec plusieurs condamnations à mort et des peines de prison, constituent une étape essentielle dans la reconnaissance des crimes nazis.

Juger pour comprendre et transmettre


Les procès de Nuremberg ne se limitent pas à punir les coupables. Ils participent à une prise de conscience internationale de la réalité de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. En établissant les faits, en nommant les crimes et en condamnant les responsables, ils posent les bases d’une mémoire judiciaire.
Dans les années qui suivent, ces procès ouvrent la voie à d’autres jugements, comme ceux organisés à Dachau, et contribuent à ancrer l’idée qu’aucun crime de cette nature ne doit rester impuni.
Ils s’inscrivent ainsi pleinement dans la dynamique « juger » du thème du CNRD, en montrant que la justice constitue une étape essentielle après la libération : une étape nécessaire pour reconnaître les crimes, rendre hommage aux victimes et permettre, progressivement, le travail de mémoire.