Camp de Sachsenhausen
Le 22 avril 1945 l’Armée rouge atteint le camp de Sachsenhausen, au nord de Berlin.
Le camp est presque vide.
Des milliers de détenus ont été forcés de partir quelques jours plus tôt.
Ceux qui restent ne sont pas libres, ils sont simplement trop faibles pour marcher.

Vue de l’entrée du camp en 2004 source: amical des anciens déportés du camp de Sachsenhausen
1. UN CAMP VIDÉ AVANT L’ARRIVÉE DES ALLIÉS
Depuis plusieurs jours, les SS ont organisé l’évacuation du camp.
Plus de 30 000 détenus sont contraints de quitter Sachsenhausen à pied, en direction de l’ouest.
Comme dans d’autres camps, ces déplacements prennent la forme de marches forcées.
Les prisonniers avancent pendant des jours :
- sans nourriture suffisante
- dans le froid et l’épuisement
- sous la menace constante des gardes
Ceux qui ne suivent pas sont abattus. D’autres meurent en chemin.
Quand les troupes soviétiques arrivent, il ne reste qu’environ 3 000 détenus, abandonnés dans le camp.
Ils sont malades, blessés, ou trop faibles pour avoir été évacués.
2. UNE LIBÉRATION QUI N’EFFACE RIEN
La libération ne signifie pas un retour immédiat à la vie. En effet, les soldats découvrent : des corps, des survivants à l’agonie, un camp partiellement vidé mais encore marqué par la violence.
Parmi les survivants, certains meurent encore dans les jours qui suivent, incapables de se remettre des conditions subies.
3. SACHSENHAUSEN, UN CAMP À PART
Cependant, Sachsenhausen n’est pas un camp comme les autres.
En effet, il fut construit en 1936 comme un camp modèle.
Son architecture est pensée pour contrôler totalement les détenus, visibles depuis une tour centrale.
Mais surtout, il joue un rôle central dans le système nazi :
- formation des gardes SS
- mise au point de méthodes de répression et d’exécution
- proximité avec Berlin, cœur du pouvoir
Plus de 200 000 personnes y sont détenues entre 1936 et 1945.
Environ 84 000 y meurent.
4. APRÈS LA LIBÉRATION : UNE MÉMOIRE COMPLEXE
Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, l’histoire du camp ne s’arrête pas en avril 1945.
En effet, quelques mois plus tard, le site est réutilisé par les autorités soviétiques comme camp d’internement.
Des milliers de personnes y sont détenues, et plusieurs milliers y meurent encore.
Plus tard, en Allemagne de l’Est, le lieu devient un mémorial.
Mais cette mémoire est partielle : elle met surtout en avant les prisonniers politiques, au détriment d’autres victimes.

Mémorial dédié aux victimes sources: amical des anciens déportés du camp de Sachsenhausen