Ginette Kolinka

 Elle est aujourd’hui sûrement l’une des survivantes des camps de la mort les plus connues.

Ginette Kolinka naît le 4 février 1925 dans le 11ème arrondissement de Paris de parents juifs mais non pratiquants. Âgée de 14 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale commence, puis de 15 ans lorsque le maréchal Pétain signe l’armistice (22 juin 1940), elle est dénoncée comme juive alors qu’elle tentait de passer en zone libre avec ses parents et ses sœurs. Cependant, seules ses sœurs et elle sont arrêtées puis relâchées à Paris, tandis que leurs parents réussissent à rejoindre Angoulême ; ce n’est que quelques semaines plus tard que la famille sera réunie au complet dans cette même ville.

Après ce passage en zone libre, Ginette Kolinka commence à vendre sur des marchés avec ses sœurs afin de rapporter de quoi se nourrir. Cependant, à partir du 11 novembre 1942 et l’occupation de la zone libre par les Allemands, l’oppression sur la population juive qui s’y était réfugiée reprend. À la suite d’une autre dénonciation, Ginette ainsi que son père, son frère et son neveu sont arrêtés par la Gestapo, puis déportés dans un premier temps au camp de Drancy, près de Paris, puis, le 12 avril 1944, au camp d’extermination et de concentration d’Auschwitz-Birkenau par le convoi n°71.

Après un voyage dans des wagons pour animaux où règne la promiscuité, notamment liée à l’entassement et à l’absence de toilettes (seulement un seau), Ginette et une partie de sa famille déportée avec elle se retrouvent sur le quai de débarquement du camp. Ils sont cruellement triés selon une méthode glaçante par les Waffen-SS du camp : d’un côté, ceux aptes au travail qui sont envoyés dans le camp pour travailler ; de l’autre, ceux jugés trop faibles qui sont envoyés vers les chambres à gaz. Tandis que Ginette est sélectionnée pour travailler dans le camp, ses proches sont envoyés par camions vers les chambres à gaz, où ils ne survivront malheureusement pas.

Pendant qu’elle est forcée de travailler, elle est régulièrement, avec les autres prisonniers, humiliée en étant contrainte de se déshabiller ou bien violentée par les Kapos (prisonniers de droit commun chargés de surveiller les baraquements des camps de concentration et bien souvent connus pour leur cruauté envers les déportés).

Ce n’est qu’en novembre 1944 que Ginette Kolinka est déportée par les nazis au camp de Bergen-Belsen afin de fuir l’avancée de l’URSS à l’Est. Elle y contracte le typhus et y reste jusqu’en février 1945. Elle est ensuite transférée à Terezin, en actuelle République tchèque, où elle est soignée avant d’être enfin libérée par les Alliés. Malgré sa grave infection, elle survit et rejoint ses sœurs ainsi que sa mère à Paris, qui n’ont pas été arrêtées.

Aujourd’hui, Ginette Kolinka témoigne très régulièrement sur son passé afin que ces atrocités ne tombent jamais dans l’oubli, notamment auprès des écoles ou sur les plateaux télévisés.